Il allait au dimanche où il aimait prier. Il se sentait léger et son cœur s’envolait.
Un peu comme l’oiseau sur la branche qui rêvait. Il entrait dans cette église et s’y agenouillait. Et puis, il parlait. Il parlait sans
cesse, il chuchotait plutôt. Il demandait à Dieu de lui pardonner, il comptait et contait ses péchés devant Dieu. Bien qu’il savait que Lui savait déjà. Il rendait hommage à la pureté de Dieu. Et
puis la foule commençait à entrer dans l’église pour assister à l’office. Alors, il se retirait tout au fond, là au dernier rang pour ne plus rien entendre. Ou plutôt pour n’entendre que le pas
des hommes, que les allers et venues de ces enfants perdus.
Et le prêtre commençait ses paroles insensées.
Il ne supportait pas ses terribles propos, auxquels volontiers, il tournerait le dos.
Des louanges à Jésus, ça il n’en pouvait plus.
Il respectait Jésus, le savait envoyé.
Mais il se refusait, de le diviniser.
Il se sentait bien, dans l’église, avant que le prêtre n’arrive. Il sentait qu’il n’y avait que lui et Dieu, il Le priait avec passion,
avec amour. Un amour pur de toute transgression.
Et puis, il recevait ses paroles du prêtre comme une flèche en plein cœur.
Comme une agression, comme un signe du malheur.
Il voyait cette église soudain se transformer.
En un ancien théâtre, de prose animée.
Il se sentait perdu, il voulait s’évader. Il aurait aimé dire
ce qu’il en pensait. Mais il devait laisser le prêtre continuer…
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